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Hypnose
Hypno-Yoga

Hypnose, Comportements alimentaires
& addiction au sucre

Triptyque
de
Rénovation Intérieure

Par Caroline Alié

Le désir de se libérer du surpoids, de changer de comportement alimentaire, de rompre avec de vieilles habitudes ou addictions, de préserver sa santé face à la menace des maladies métaboliques telles que le diabète ou l’obésité, nous conduisent à nous intéresser au développement de ces pathologies dans le monde et à prendre conscience de notre environnement.

Les premiers indicateurs sont inattendus. Selon les chiffres publiés par l’Organisation Mondiale de la Santé, on meurt davantage de maladies dues au surpoids que de dénutrition. C’est pourquoi les campagnes de prévention contre la “malbouffe” sont cruciales, tout comme l’encouragement à pratiquer une activité physique et  à manger sain. Les scandales sanitaires qui jettent toujours davantage le trouble sur l’offre proposée par l’industrie agro-alimentaire nous y incitent. 

Depuis l’étiquetage obligatoire affichant la valeur nutritionnelle des produits,  on ne peut plus non plus ignorer l’omniprésence du sucre dans l’alimentation industrielle. Le sucre est un produit bon marché et appétent. Les produits sucrés sont les compagnons privilégiés de nos débordements émotionnels. Du chocolat réconfort à la crème glacée plaisir, ils jalonnent notre existence depuis l’enfance par des récompenses-friandises ou des punitions-pas-de-bonbons. Or, si leur effet sur le bien-être mental est en question, il est avéré qu’ils font le lit de nombreuses maladies métaboliques et ont une incidence sur le microbiote intestinal.

Pourtant, malgré les mises en garde, la prise de conscience de la toxicité de certains produits et les bonnes résolutions, la seule volonté de mincir, de se dépenser physiquement ou de chercher tout simplement à équilibrer son alimentation suffit rarement à atteindre son objectif. Bien pire, on risque de s’en éloigner par le biais délétère de régimes yo-yo ou du recours aux produits allégés en gras et enrichis en sucre, 

Les recherches actuelles -qui nourrissent mon travail et ma pratique – sur le rôle du microbiote intestinal éclairent une partie de l’origine de comportements alimentaires et enrichissent la  définition de l’esprit inconscient. 

Vouloir mincir, vouloir gérer ses pulsions alimentaires, suppose de se pencher sur l’aspect émotionnel de notre alimentation. L’hypnose et/ou l’auto-hypnose permettent de créer un tandem efficace entre esprit conscient et esprit inconscient qui favorise l’émergence de solutions, restaure la confiance en soi, élimine les aliments problématiques et introduit de nouveaux comportements santé. Facilement et sans privation. 


L’état d’hypnose, comme facilitateur de mieux-être

« L’hypnose est un état de conscience élargie, permettant une suggestibilité accrue dans le but de provoquer des changements comportementaux et même neuro-biologiques. C’est un outil de thérapie et de développement personnel rigoureux et ouvert, respectueux et adapté au parcours de chacun”. Dany Dan Debeix, fondateur de l’Ecole Centrale d’Hypnose

Dans son livre L’Hypnose, paru en 1969, Léon Chertok, médecin, psychanalyste et psychosomaticien, décrit l’hypnose comme “un état passager d’attention modifiée chez le sujet, état qui peut être produit par une autre personne et dans lequel divers phénomènes peuvent apparaître spontanément ou en réponse à des stimuli verbaux, ou autres. Ces phénomènes comprennent un changement dans la conscience et la mémoire, une susceptibilité accrue à la suggestion et l’apparition chez le sujet de réponses et d’idées qui ne lui sont pas familières dans son état d’esprit habituel. En outre, des phénomènes comme l’anesthésie, la paralysie, la rigidité musculaire et des modifications vaso-motrices peuvent être, dans l’état hypnotique, produits ou supprimés”

L’alliance entre esprit conscient et esprit inconscient 

L’état d’hypnose est un état naturel, aussi naturel que le sommeil ou l’éveil. Nous sommes en état d’hypnose des dizaines de fois par jour, sans toujours nous en rendre compte, sans encore moins savoir l’utiliser.

Pourtant, il s’agit d’un état qui nous permet de fonctionner de façon très efficace, par exemple pour prendre des décisions extrêmement rapides. 

Imaginez simplement : vous êtes au volant, sur une file de périphérique ou d’autoroute.. Vous devez faire attention au volant, à votre route, aux autres véhicules et à la signalisation. En même temps, vous êtes peut-être déjà en train de penser à votre destination, à ce que vous allez y faire ou y vivre. Peut-être qu’aussi vous devez alimenter la conversation entamée avec votre passager et ne répondre « ni oui ni non » aux enfants qui gesticulent sur la banquette arrière. Si vous deviez assurer tout cela en même temps, et qu’en même temps vous deviez rétrograder et actionner votre clignotant, ça serait irréalisable. Heureusement que votre inconscient prend une partie des missions en charge.

Pour le professeur Kurt Tepperwein, l’hypnose se caractérise par :

– une attention accrue qui s’attache à une suggestion donnée

– une perception de chaque mot et de chaque bruit

– un esprit critique amoindri

Kurt Tepperwein A la découverte de l’hypnose (1981)

L’hypnose est un état, mais aussi également un ensemble de techniques, qui permettent de communiquer avec une partie de nous-mêmes (auto-hypnose) ou d’un partenaire/patient (hétéro-hypnose), sans laisser l’information se faire piéger par les filtres-filets de l’esprit conscient : les  filtres de notre conditionnement éducatif, de nos émotions, de nos besoins, de nos désirs, de nos envies, de nos peurs, des évènements positivement ou négativement marquants… les filtres de nos croyances, ceux des pensées que l’on considère comme vraies mais qui peuvent s’avérer limitantes (par exemple, “je n’ai pas la bosse des maths”, “je suis nul”, “à mon âge, on ne peut plus apprendre une langue étrangère”). 

Pour illustrer mon propos, je vous laisse constater que vous êtes en train de me lire et qu’en ce moment-même une partie de vous examine, compare, associe ces idées avec d’autres qui vous sont plus familières… 

Utilisant votre esprit ou “facteur critique”, vous filtrez, volontairement ou non, certaines informations contenues dans mon propos. Bien que certaines de ces idées peuvent vous sembler pertinentes, une partie de vous-même les capture dans son filet, et les maintient hors d’atteinte, indisponibles. 

Autre exemple, vous êtes sur votre sofa, le soir, devant un bon film. Malgré votre intérêt pour l’action, une partie de vous  commence à se rappeler la tablette de chocolat aux noisettes que vous avez volontairement mise sous clé dans un placard inaccessible sans escabeau. Vous avez associé cette action à deux ou trois pensées du type “je dois perdre cinq kilos”, “le chocolat ne m’aura pas”, etc. 

Votre esprit conscient, très volontaire et décidé, vous rappelle votre objectif de perdre les cinq kilos que vous avez pris cet hiver. Mais rapidement, un conflit s’engage entre cette volonté respectable et une autre partie de vous, qui vous susurre à l’oreille qu’un ou deux carrés ne changeront rien, car deux carrés font x calories, et que toutes les calories se valent bien. 

Trente minutes plus tard, vous ne savez ni comment ni pourquoi, il ne reste sur la table basse qu’une petite boule froissée d’aluminium. 

Cette anecdote relate comment très étonnamment, une idée utile et conforme à l’objectif que vous poursuivez (je vais modérer ma consommation de chocolat) peut se laisser happer par la partie “critique” de vous-même. Cette partie, animée par les habitudes et les croyances, trouvera les meilleures raisons pour ne pas se mettre en inconfort (trouver autre chose à faire que grignoter devant l’écran). Cette fonction très économe en énergie (mais pas en calories ingérées !) dépend du “cerveau limbique”, ou “paléo-mammalien”, siège des émotions et centre de mémorisation, lorsque l’on se réfère à la théorie des trois cerveaux*, introduite par Paul Mac Lean en 1969. 

L’état d’hypnose, c’est un peu comme un espace de communication, un boudoir à confidences entre l’esprit conscient et l’esprit inconscient. C’est un espace de dialogue, où peuvent se sceller des accords. Penser positif dans un état de conscience normal, c’est déjà un grand pas vers le mieux-être, mais la suggestion positive en état d’hypnose, c’est la garantie d’aller vers ses objectifs, beaucoup plus facilement et rapidement qu’on ne le ferait consciemment. 

Si nous ne savons pas tous encore les mettre à profit, l’état élargi de conscience et la suggestion hypnotique sont déjà utilisés depuis des temps immémoriaux à différentes fins. Médicales ou théâtrales pour les plus connues, mais également commerciales. Qui n’a jamais plongé dans un placard à biscuits pendant les spots publicitaires ? Un annonceur particulièrement efficace retient notre attention et introduit la  problématique développée dans ce mémoire: le sucre.


Sucre, Comportements alimentaires et alimentation émotionnelle

Etat des lieux

… Quand on meurt plus de surpoids que de dénutrition

Aujourd’hui dans le monde, on décède davantage des conséquences de l’obésité et des déséquilibres métaboliques, que de dénutrition… y compris dans les pays en développement. Le Japon, où les habitants sont réputés vieillir en bonne santé, occupe aujourd’hui le 5e rang mondial sur l’échelle des populations touchées par le diabète. Et c’est normal. Les jeunes Japonais ont goûté le fruit de l’arbre à burgers.

On compte aujourd’hui dans le monde 600 millions d’obèses et 347 millions de diabétiques de type 2. Ce fléau des maladies métaboliques est qualifié d’épidémie mondiale par l’OMS. Bien qu’il reste d’origine multifactorielle, il est le reflet indéniable des inégalités sociales et culturelles face à l’industrie agro-alimentaire.

L’obésité est un « état caractérisé par un excès de masse adipeuse répartie de façon généralisée dans les diverses zones grasses de l’organisme ». Il est aujourd’hui admis de définir le stade du surpoids d’une personne au regard de l’indice de masse corporelle (IMC, soit le poids divisé par la taille élevée au carré). 

Cet indice est qualifié de normal lorsqu’il est  situé entre dix-neuf et vingt-cinq. Supérieur à vingt-cinq, on dépiste le surpoids ou la pré-obésité ; à trente, on parle d’obésité ; au-dessus de quarante, on s’alarme d’une obésité sévère ou « morbide ».

Le second indicateur du surpoids et de l’obésité est l’excès de graisse abdominale : un tour de taille supérieur à quatre-vingt-dix centimètres pour une femme et un mètre pour un homme, révèle l’obésité abdominale. 

Mais ce n’est pas si simple. L’IMC à lui seul ne suffit pas pour déterminer le surpoids et l’obésité. En effet, il faut à la fois tenir compte de la quantité de graisse dans le corps, mais aussi du poids de l’ossature, de l’eau et des muscles, plus lourds que la masse graisseuse ! Un kilo de gras représente toujours un volume plus important qu’un kilo de muscles.

En France, dès l’enfance…

De façon plus générale, il semble important de retenir qu’en 10 ans, en France, le nombre d’enfants obèses a doublé. Aujourd’hui, un enfant sur six est touché, avec de graves conséquences : outre les problèmes psychologiques, deux tiers des enfants obèses resteront obèses à l’âge adulte, quoi qu’on fasse, avec des risques de complications cardio-vasculaires multipliés par 3, de diabète de type 2 multiplié par 9, de problèmes articulaires, et même de cancers. L’obésité diminue en moyenne de 13 ans l’espérance de vie. 

Face à ce problème de santé publique, les Programmes Nationaux Nutrition Santé se sont fixés pour objectif prioritaire de prévenir l’augmentation de la prévalence* : en multipliant les campagnes de prévention primaire telles que « Mangez-bougez », ou « Mangez cinq fruits et légumes par jour », ou en interdisant les distributeurs automatiques de produits sucrés dans les écoles.

Conscientiser les croyances

Si pour certaines civilisations,  la norme alimentaire se limite à un repas par jour, il est admis qu’en France, tradition conviviale oblige, on doive socialement s’attabler trois fois par jour. Ce rituel est certes de plus en plus dominé par les campagnes de prévention qui nous rappellent  le lien indéfectible entre la bonne santé et le bien manger (consommer cinq fruits et légumes par jour, des produits laitiers pour les os, de la viande, du poisson, et des produits céréaliers, de ne pas oublier le goûter, et… un peu de vin mais pas trop). Mais il reste solidement ancré dans notre culture. 

Hors du contexte professionnel qui nous contraint parfois à déjeuner debout et plus vite, on s’attable plusieurs fois par jour. Plus ou moins bien, plus ou moins longtemps, mais on est encore loin des repas systématiquement pris à la sauvette dans la rue, ou de l’unique pitance quotidienne. 

On s’assied, on se sert, parce que c’est l’heure. Parfois on se ressert. Pour finir le plat. Pour ne pas gâcher. Parce que dans le monde, des gens meurent de faim. Pour flatter le cuisinier. Parce que c’était bon. Parce qu’on n’ose pas dire non. Parce qu’on s’ennuie. Parce qu’on a la tête ailleurs. Parce qu’il reste de la place dans l’estomac. Parce que demain on fera régime. Parce qu’hier on a fait régime. Parce qu’on a besoin d’énergie. Parce qu’une cuillerée pour Maman. Parce qu’une cuillerée pour Papa. Parce que Dukan a dit qu’il fallait manger des protéines. Parce que la nutritionniste a dit de manger des abricots secs. Parce que c’est du zéro pourcent. Parce que le Tigre Frosties a dit qu’il rendait fort. Parce que si je mange tout maintenant je n’y penserai plus. On se sert, on se ressert, et on attend le dessert, la note de conclusion sucrée ! Un repas sans dessert ? Quelle drôle d’idée !

Le sucre, toxique ?

Le sucre est la première denrée que les parents donnent aux enfants à leur premier anniversaire.

La consommation de sucre a augmenté de 46% pendant les trente dernières années. Celle des aliments transformés, quant à elle, a doublé. 74% des plats cuisinés contiennent des sucres ajoutés. Si le sucre se présente sous 56 sortes et appellations différentes (sucrose, sacharrose, sucre de canne, sucre de betterave, sirop d’agave, miel, etc), sa teneur en calories est la même et il provoque les mêmes effets sur l’organisme.: consommé avec excès, il surcharge le foie en le saturant de lipides, 

Alors que l’OMS (Organisation mondiale de la santé)  préconise une consommation limitée à 6 à 12 cuillérées à café de sucre par jour, les Européens en consomment 17, les Américains 19,5.

Depuis les années soixante, cette question fait l’objet d’une polémique nourrie par l’industrie sucrière via son très puissant lobby.


Regard sur l’industrie agro-alimentaire, sur l’industrie sucrière

Selon Robert Lustig (photo)*, médecin endocrinologue réputé pour sa lutte contre l’industrie sucrière, toutes les calories ne se valent pas. Consommer 100 kcal de sucre n’équivaut pas à 100 kcal de protéines ou de lipides de qualité, car ces différentes calories ne seraient pas métabolisées de la même façon. Une de ses études, publiée le 27 octobre 2015 dans la revue Obesity, observe les effets d’un régime de neuf jours, très pauvre en sucres, sur un groupe de quarante-trois enfants obèses. 

Les sucres ajoutés sont alors remplacés par des féculents, pour conserver le même apport en calories et en glucides. “Chaque aspect de leur santé métabolique s’est amélioré, sans que les calories aient changé”, rapporte Robert Lustig, qui ajoute que “le sucre est métaboliquement nocif, non pas à cause de ses calories ou de ses effets sur le poids. Le sucre est métaboliquement nocif, car c’est du sucre.” D’après les résultats de l’étude, il a été en effet possible de constater, chez ces enfants, une diminution immédiate de la pression artérielle, de la glycémie à jeun et des niveaux d’insuline, du cholestérol-LDL. Ceci illustre les résultats d’expériences où de grands sportifs se sont adonnés à un régime pauvre en graisses, composé de produits allégés (mais enrichis en sucres, pour leur donner de la saveur), et ont vu leurs analyses révéler un pré-diabète. Sans le moindre kilo superflu.

Ces observations offrent aujourd’hui au regard de nombreux chercheurs, scientifiques, et personnes soucieuses de leur santé, une nouvelle pièce à charge contre le sucre.

Selon Stanton Glantz, directeur du centre du contrôle du tabac aux Etats-Unis, « Le débat sur le sucre en est au stade du débat sur le tabac dans les années soixante ». Et peut-on comparer de la même façon le lobby du tabac au lobby du sucre ? On peut s’interroger en prenant connaissance des différents conflits d’intérêts qui règnent entre la seconde et les institutions. L’université d’Harvard, par exemple, a vu son département santé publique doté de fortes subventions par l’industrie sucrière, et par Kellog’s. Par ailleurs, le président du conseil consultatif scientifique pour l’industrie du sucre, George Irving, est devenu le président du comité d’évaluation de la FDA, (Food Department Administration) qui devait statuer sur la corrélation entre le sucre et les maladies.

Tout comme en France, la fameuse « Semaine du goût », populaire en milieu scolaire, est financée par la Collective du Sucre, et placée sous le patronage du Ministère de l’Agriculture. Au Canada, Mac Donald’s et Coca Cola subventionnent le Réseau Canadien contre l’Obésité. On ne peut pas douter des égards qui doivent être réservés aux sponsors.

Addiction au sucre…

S’il est légitime d’aujourd’hui de soupçonner le sucre d’être à l’origine de maladies métaboliques comme l’obésité et le diabète, différentes expériences récentes réalisées notamment aux Etats-Unis, tendent à démontrer que notre fonctionnement cérébral n’est pas épargné par une alimentation trop sucrée.

L’une d’entre elles, assez célèbre, a confronté en 2007 un petit groupe de rats de laboratoire au choix cornélien entre cocaïne et eau sucrée, pour illustrer le mécanisme de la dépendance à certains aliments sucrés et gras. Il a été observé qu’au bout de quelques semaines, 90% des rats s’étaient détournés de la drogue pour déguster le sucre, nourrissant ainsi l’hypothèse que les aliments gras et sucrés stimulent le cerveau de la même façon que les drogues.

En 2012, une autre expérience, faite également avec des rats,  a permis de conclure qu’un régime riche en fructose ralentissait littéralement le cerveau… et engendrait des difficultés d’acquisition et de mémorisation. Les synapses des rats surconsommateurs étaient abîmées et la communication entre les cellules du cerveau s’en trouvait altérée.

Bien que ces recherches n’aient pas été testées chez l’homme, il est néanmoins prouvé qu’à l’instar de la  cocaïne, l’héroïne ou l’alcool, le sucre active le circuit de la récompense : le réseau dopaminergique, à l’origine du mécanisme de la dépendance. Dépendance à un produit qui, consommé de façon répétée, entraîne une perte de contrôle et un besoin d’augmenter la consommation. Consommation qui lorsqu’il s’agit du sucre ne s’arrête pas aux sucreries proprement dites mais concerne l’ensemble des  produits contenant du sucre caché : ketchup, soupes industrielles, plats préparés, etc.

 

Le sucre influencerait donc notre cerveau… Et l’explication de ce phénomène est assez simple : quand le sucre est consommé en excès, le pancréas augmente sa productivité et libère trop d’insuline (hormone régulatrice du taux de sucre dans le sang). Le sang, rapidement carencé en sucre, signale l’hypoglycémie, traduite par des sensations d’anxiété, de nervosité, de fatigue, accompagnées… d’intenses envies de sucre. Ceci expliquerait l’apparition des symptômes dépressifs. Le cycle de l’addiction et son incidence sur le bien-être mental, est alors enclenché.

Mais notre alimentation n’est pas la seule responsable de notre bien-être mental. 

L’influence du microbiote…….

“Quand on regarde la Terre depuis l’espace, on ne nous voit pas, nous, les êtres humains. On reconnaît la Terre – un point lumineux parmi d’autres points lumineux sur fond de ténèbres. En se rapprochant, on constate que les êtres humains peuplent des endroits très différents de la planète. La nuit, nos villes sont de petits points luminescents. Certains peuples vivent dans des régions hérissées de grandes villes, d’autres sont disséminés à travers de grands espaces presque vierges. Certains vivent dans les paysages glacés du Nord, d’autres dans la forêt vierge ou aux portes du désert. Et même si on ne peut pas nous voir depuis l’espace, nous sommes à peu près partout. En examinant les êtres humains de plus près, on s’aperçoit que chacun d’eux est une petite planète. Le front est une prairie dégagée, les coudes une terre désertique, les yeux des lacs salés, et l’intestin une forêt, une jungle gigantesque peuplée des créatures les plus étonnantes qui soient. Nous habitons la planète Terre, et sommes nous-mêmes une planète habitée. Sous la lentille du microscope, nos habitants – les bactéries – sont faciles à distinguer. Ce sont de petits points lumineux sur fond de ténèbres.”

 

Giulia ENDERS Le charme discret de l’intestin Editions Actes Sud, 2014

 

Le microbiote est l’ensemble des micro-organismes – bactéries, virus, parasites, champignons non pathogènes, qui vivent dans un environnement spécifique. 

Le microbiote intestinal est le plus important d’entre eux, et représente une masse de 2 kilos ! Principalement localisé dans l’intestin grêle et le côlon, son rôle est de mieux en mieux connu. Il assure son propre métabolisme en puisant dans nos aliments.

Dès les premières années de vie, ce petit peuple affairé en dehors de notre champ de conscience est nécessaire pour que l’immunité intestinale apprenne à distinguer espèces amies des espèces pathogènes. 

Propre à chaque individu : il est unique sur le plan qualitatif et quantitatif et se distingue en trois familles, trois entérotypes principaux : bacteroides, prevotella et clostridiales.

On sait désormais qu’il joue un rôle-clé dans les fonctions digestive, métabolique, immunitaire et neurologique.

 

……… par l’axe cerveau-intestin 

Le système nerveux qui régit l’intestin contient à lui seul 200 millions de neurones. Sa fonction première est d’assurer la motricité intestinale.  

Cependant, comme 80% de ces cellules nerveuses sont chargées de véhiculer l’information dans le sens intestin-cerveau, on qualifie le système nerveux entérique de deuxième cerveau

Emettant l’hypothèse qu’une modification du microbiote pouvait modifier l’information transmise au système nerveux central, les chercheurs ont rapporté que des souris développaient un comportement d’anxiété et une automutilation, si la composition de leur microbiote était significativement modifiée durant une période précise de leur croissance. 

En effet, le microbiote a une mission bien plus étendue que de simplement faciliter la digestion. Les travaux scientifiques récents menés par l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) suggèrent son influence sur les troubles alimentaires, comme l’anorexie et la boulimie, considérés jusqu’alors comme des symptômes d’un déséquilibre d’ordre psychologique. 

Un rôle plus direct des bactéries intestinales était déjà apparu dès 2006, quand des chercheurs américains de l’université Washington de Saint Louis ont montré que le transfert du microbiote de souris obèses à d’autres souris sans microbiote suffisait à les faire grossir anormalement. En 2013, une équipe franco-américaine est parvenue à montrer que c’était également le cas en utilisant des bactéries propres au système digestif humain. Ainsi, en ajoutant des éléments du microbiote de personnes minces chez les souris, les chercheurs les ont protégées de l’obésité.

Eduquer le palais des bactéries

Le point commun de toutes ces bactéries ? Elles sont capables de digérer dans le côlon certains sucres complexes composant les fibres végétales. Plus la variété des bactéries qui composent le microbiote est importante, et plus ce dernier est stable et à même de nous protéger efficacement contre certaines pathologies et désordres. Une alimentation riche en fibres contribue à augmenter cette richesse, et produit un changement rapide et profond du microbiote en faveur de bactéries capables de réguler l’appétit. A l’inverse, une augmentation des graisses et des sucres augmente la proportion d’une autre catégorie de bactéries, qui prépare le terrain d’une inflammation à bas bruit, et favorise l’insulinorésistance préalable au diabète et à l’obésité. 

L’étude du microbiote est particulièrement intéressante, car elle semble se situer à la frontière entre la biologie, les sciences humaines, et la science-fiction. A un stade de notre développement où nous devenons technologiquement capables de dénombrer des milliers d’exoplanètes potentiellement porteuses de vie, nous explorons simultanément l’ADN de nos populations microbiennes (qui représentent au moins 100 milliards de milliards de cellules, soit dix fois plus que les cellules humaines, et près de cent fois plus de gènes que le génome humain) avec lesquelles nous interagissons, et communiquons de façon inconsciente, en permanence. A un stade où la révélation d’une découverte d’exoplanète habitée nous donnerait sans aucun doute de fortes émotions, l’heure sur Terre est à l’étude de l’influence que nos microbiotes ont sur ces mêmes émotions, socles de bien de nos comportements alimentaires. 



Emotions et alimentation

Les émotions, les reconnaître et les comprendre

Grâce aux neurosciences, nous pouvons confirmer aujourd’hui que les pensées et les émotions naissent d’un processus biochimique et biologique, et les substances qui agissent dans la régulation des comportements sont les mêmes que celles qui génèrent les fonctions physiologiques de base. Les émotions et leurs  incidences physiologiques agissent sur le corps et sur les pensées, tout comme le corps et les pensées agissent sur les émotions. Dans le cerveau, elles trouvent leurs sources dans l’hippocampe, qui est la zone de stimulation des souvenirs, dans le thalamus qui déclenche les différents comportements, et dans l’amydale, qui permet d’identifier une situation sans même l’avoir vue. Cette dernière pilote la mémoire implicite (qui ne requiert aucune pensée consciente, qui nous permet de faire les choses de façon routinière), mais mémorise sommairement les évènements. Elle peut donc réactiver les souvenirs et les émotions qui y sont liées en dehors même de tout contexte traumatisant. Elle détecte le danger avant l’esprit conscient mais de façon grossière, ce qui explique par exemple qu’une personne ayant vécu un accident de voiture puisse avoir de grandes difficultés à se passer du train.

Lorsque les émotions se manifestent, il peut-être assez difficile de reprendre les rênes. Pour les observer et les comprendre, il est intéressant d’évoquer rapidement ici une approche à la réalité plus éthologique que physiologique, la théorie des trois cerveaux : notre cerveau est la conséquence d’une évolution progressive, de la bactérie aux mammifères, jusqu’à l’Homme. La nature qui aurait pour habitude d’utiliser le vieux, de recycler, pour ajouter du “nouveau” par-dessus, a permis l’évolution du cerveau humain en trois couches successives. 

Au centre, la plus ancienne, reptilienne (500 millions d’années), gère les instincts des espèces, garantit la survie, et représente la première strate de notre inconscient. Nous partageons encore la seconde (150 millions d’années), limbique, paléo-mammalienne, ou rhinencéphale, avec les vieux mammifères, deuxième strate de l’inconscient. C’est elle qui est composée d’un centre, l’amydale (qui coordonne les informations), et de l’hippocampe (qui les stocke). Il mémorise les comportements agréables et désagréables pour nous, à l’origine de nos émotions et de nos jugements de valeurs. La troisième, le néo-cortex (apparu il y a 2 millions d’années, mature depuis seulement 500.000 ans), notre partie consciente, intervient comme régulateur des fonctions profondes sous-jacentes, les fonctions animales. Il est capable d’anticiper les comportements et les conséquences d’une action. Grâce à lui, nous parlons et écrivons, analysons, comparons, agissons en fonction des conséquences dans le futur. Il permet d’imaginer ce qui n’est pas réel, de prendre du recul, de se soustraire au moment présent. Il permet l’apprentissage de la conscience de soi et des émotions. Il est d’ailleurs facile de constater que lorsque l’énergie bascule dans le mental, elle inhibe les émotions



Joie, tristesse et colère, peur et surprise, honte et dégoût, sont les émotions de base, qui se distinguent des sentiments (comme celui de l’amour, par exemple), par l’association qui peut-être faite entre elles et des mimiques faciales spécifiques. Nous partageons ces expressions typiques avec tous les humains, quelles que soient leurs cultures, avec les primates, et certains mammifères.

 

Les émotions, à quoi ça sert ?

Les émotions servent principalement à réagir rapidement et efficacement face à une situation, à faciliter un choix, à communiquer, et à mémoriser. Leurs deux fonctions majeures restent les instincts innés : se reproduire et survivre, pour perpétrer l’espèce. Elles permettent de réagir vite et bien, mais court-circuitent parfois nos pensées : leurs réactions sont dix fois plus rapides que les réactions conscientes.

La colère, par exemple, se déclenche face à un sentiment de ne plus maîtriser les choses, comme un sentiment d’injustice ou d’impuissance, et sert à impressionner l’adversaire. La peur, quant à elle, permet de réagir par la fuite, par la lutte, ou par l’inhibition, et de survivre à la prédation. La joie conditionne la reproduction, et renforce les comportements adaptés. La tristesse mène à l’isolement, au repli, à la reconstruction. Quant au dégoût, il détourne des denrées empoisonnées ou avariées.

Les émotions permettent de mémoriser des situations, et d’apprendre ce qui est bon, ou non, pour soi. Par exemple, le cortisol sécrété lors du stress, lié à la peur par exemple, améliorerait l’impression du souvenir dans le cerveau, pour optimiser l’apprentissage. L’adrénaline également, mais à forte dose, elle bloque la cognition. 

Alimentation émotionnelle

L’analogie populaire pour définir le yoga nous éclaire sur la place des émotions et, par extension,  du rôle des émotions dans les comportements alimentaires. Considérons que le corps physique et mental est un attelage tiré par des chevaux et mené par un cocher. Le cocher, qui représente l’esprit conscient, mène l’attelage. Mais les chevaux, images des émotions, sont tout aussi capables de le mener efficacement à destination que de le faire valser dans le décor. 

La métaphore éclaire l’objectif du Yoga (Yug – joug), représenté ici par les rênes, le joug : faire le lien entre le cocher et les chevaux, et, par son bon usage, canaliser les chevaux émotionnels. Observer son “ambiance intérieure”, observer son état émotionnel, c’est déjà commencer à prendre une rêne dans chaque main, pour assurer un voyage confortable à l’équipage.

La prise alimentaire n’est pas qu’indispensable à la vie, ou rationalisée par les connaissances nutritionnelles. Influencée, nous l’avons longuement évoqué, par notre microcosme inconscient bactérien, elle reste bien souvent conditionnée par notre état émotionnel, notre “ambiance interne”, qui voile la différence entre besoin et envie. S’il est possible, par la prise de compléments alimentaires, d’équilibrer le terrain émotionnel et de réduire les compulsions de sucre, il est particulièrement intéressant d’utiliser l’état d’hypnose ici pour favoriser le changement de comportement alimentaire. Eliminer tout simplement l’idée-envie de tel aliment, ou de finir le plat pour ne pas gâcher, pour la remplacer par une autre plus utile, positive ou valorisante, permet de déclencher rapidement un processus vertueux et d’améliorer sa santé et sa silhouette sans privation ni frustration.

Culturellement, l’alimentation  est associée au partage, à la rencontre, au réconfort et au plaisir, et ne se limite pas à nous fournir de l’énergie vitale, à apaiser la faim. Comme le rapport de l’ANSES* (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) l’indique, elle sert d’une part à satisfaire des besoins biologiques (besoin du corps), et d’autre part à répondre à un équilibre psychologique, relationnel, et culturel.

Cette “alimentation émotionnelle” se caractérise par la réaction de manger face à une émotion désagréable comme la tristesse ou la colère, ou un état comme le stress, l’ennui, l’anxiété, etc. La prise alimentaire, qui active la “zone de plaisir” dans le cerveau, apporte alors un sentiment de réconfort immédiat,  mais l’origine de la pulsion alimentaire demeure présente, s’alimente de la culpabilité d’avoir mangé sans faim, et de la perte de confiance en ses capacités d’auto-contrôle. 

Alors que la faim physique s’installe progressivement, peut “attendre”, s’ouvre à différents choix alimentaires, connaît la satiété et ne crée pas de sentiments négatifs vis-à-vis de nous-mêmes, la faim émotionnelle survient brutalement, ne supporte pas le report de sa satisfaction, appelle un certain-type d’aliment-réconfort, ignore les limites suggérées par un estomac plein et déclenche la culpabilité, la honte, et la perte de confiance en soi.

Différentes émotions négatives envahissantes, états de stress, ou sentiments de vide ou de solitude, peuvent, comme évoqué plus haut, déclencher ces pulsions, mais d’autres situations en sont à l’origine, comme l’aliment récompense : héritage de l’enfance, où les parents ont récompensé de bonnes notes à l’école par des friandises et ont associé ainsi des émotions positives comme la fierté, la joie, ou la détente, à la nourriture, à “manger” à l’étage inconscient. D’autres causes peuvent être aussi à l’origine de ce comportement alimentaire : causes traumatiques, comme les abandons et les séparations, ou la croyance de « devoir être fort », dans le cas d’exercices physiques intenses.




*Comité d’experts spécialisés « Nutrition humaine ». (2010). Evaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. ANSES.

*L’orthorexie (du grec orthos, « correct », et orexis, « appétit ») est un ensemble de pratiques alimentaires, caractérisé par la volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains 



Les émotions et les croyances (pensées que l’on considère être la réalité), qu’elles conditionnent un comportement hyperphagique ou au contraire anorexigène, restent un pivot essentiel de l’appréhension de l’accompagnement de la personne en surpoids. « Je dois être fort », « je dois avoir de l’énergie », « le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée », autant de mantras à analyser pour cheminer vers le changement.

La plupart des échecs des régimes alimentaires s’expliquent par la non-considération de l’aspect émotionnel de l’alimentation. Ignorer comment gérer ses émotions sans nourriture compromet les changements de comportements  alimentaires, comportements allant du grignotage à la boulimie/hyperphagie, ou à l’orthorexie*.

Maîtriser toutes les connaissances nutritionnelles ne suffit pas pour garder un poids de forme, car dès que les émotions s’installent dans le poste de pilotage, les pensées rationnelles et logiques sont moins mobilisables. Pour se nourrir émotionnellement, Il est donc nécessaire d’envisager des alternatives à l’alimentation face aux différents “déclencheurs”, comme le sentiment de solitude, de déprime, d’anxiété, ou d’ennui, par exemple. Mais ici encore, “décider” de faire du sport, d’aller voir des amis, de se mettre au tricot ou de promener le chien ne suffit pas toujours pour générer durablement un nouveau comportement, une réaction plus saine à l’émotion qui a toujours appelé la réponse-nourriture.

En s’adressant directement à nos différents comportements inconscients, l’hypnose ici s’impose comme une technique particulièrement efficace, à la fois pour faire émerger nos propres solutions et réponses à l’émotion, mais également pour ancrer ces dernières de façon beaucoup plus rapide et durable. En un mot, pour programmer des habitudes alternatives à l’alimentation-refuge. 

L’état d’hypnose permet également d’évincer certains aliments problématiques, typiquement consommés de façon compulsive. Généralement hautement caloriques, gras-sucrés (chocolat, crèmes glacées…) ou gras-salés (fromage, chips…), pour les remplacer par d’autres, plus sains et plus intéressants sur le plan nutritionnel. A ce sujet, je me suis particulièrement intéressée au travail d’Anthony Berthou, orienté vers ce qu’il nomme la “nutrition positive”.













la nutrition positive 

J’ai rencontré Anthony Berthou en 2016, lors de ma formation à l’Ecole Centrale d’Hypnose, et intégré sa formation professionnelle en nutrition et micro-nutrition la même année. Nutritionniste spécialisé en micro-nutrition, ancien sportif de haut-niveau, il est aussi enseignant à l’Ecole Polytechnique de Lausanne. Son credo : “promouvoir une nutrition-plaisir respectueuse de la santé associée à une activité physique régulière, en pleine conscience.” 

Son talent : décaler le projecteur sur les nutriments essentiels, les produits vertueux, durables, et élaborés dans le respect du vivant et priver de lumière la merde.

Anthony Berthou considère avec la plus grande indifférence tout ce qui ne sert à rien : il ne diabolise ni Coca ni Mac Do, il ne les invite tout simplement pas dans la conversation. En limitant brillamment le temps de discours (et de publicité) consacré à “ce qu’il faut éviter de consommer en excès”, il laisse toute la scène et la table à ce qui nous nourrit et favorise notre santé. En un mot, à tous les acteurs de la nutrition positive : production-distribution en circuit court, filière bio, et  toutes les initiatives intelligentes prises en faveur d’une alimentation plus responsable, à la fois pour nous-mêmes, mais aussi pour la planète. Je pense à la mise en relation directe des petits producteurs avec les consommateurs ; je pense aussi à des applications comme Yuka, qui, grâce au scan des codes-barres de produits de la grande distribution, oriente nos papilles vers les contrées les plus intéressantes, sur le plan nutritif et écologique. 

Porter son regard sur ce qui va, c’est laisser à ses sens la chance de découvrir de nouveaux horizons gustatifs. C’est aussi tarir la demande pour tous les produits inutiles sur le plan nutritionnel, voire néfastes pour la santé, proposés dans les rayons des supermarchés. Que se passerait-il alors ? Sans la demande, l’offre perdurerait-elle ? Combien de temps ? 
























DEUXIÈME PARTIE



 

 














ETUDE DE CAS



***



J’ai bouclé le cursus de formation d’hypnose thérapeutique pluridisciplinaire à l’Ecole centrale d’hypnose fin juillet 2016. J’intensifie, depuis, ma pratique, à mon cabinet ouvert en septembre 2017 et développe le Programme de Rénovation intérieure, qui allie la puissance de l’hypnose à la yoga-thérapie et s’appuie sur mes connaissances et mon intérêt particulier pour la nutrition et la micro-nutrition.

Lors de l’élaboration du protocole de ce programme, que je détaillerai plus loin, j’ai fait la connaissance de Suzanne à qui j’ai proposé d’éprouver cette méthode pour se libérer des kilos qui l’encombraient. Mon projet était d’utiliser ce cas pour illustrer ce mémoire, mais je n’ai pas pu réunir les conditions nécessaires au captage vidéo imposé. J’ai souhaité néanmoins partager le témoignage de Suzanne, que vous pourrez trouver en troisième partie.

Afin de répondre aux consignes, et de fournir une séance filmée et commentée, j’ai donc puisé dans les différents films de mon travail que je conserve afin d’améliorer ma pratique. Parmi ces ressources, j’ai choisi de présenter le cas de Sabine, qui est venue à moi pour apprendre à canaliser ses pulsions alimentaires. Nous avons convenu de trois séances. La première est consacrée à l’anamnèse et au bilan alimentaire, et les deux suivantes au travail en état d’hypnose. Les vidéos sur lesquelles je m’appuie pour le commentaire sont celles de la deuxième et troisième séance.

Bien consciente qu’elles ne répondent pas en tous points à l’exercice demandé par mon école, et qu’elles ne sont pas particulièrement académiques, elles retiennent mon attention car elles reflètent plutôt bien un point que j’estime particulièrement important : la création du rapport avec le partenaire, ou le client, qui conditionne une très grande partie de l’évolution vers l’objectif visé par ce  même client. 

Je regrette, encore une fois, de ne pas pouvoir fournir à mes formateurs une vidéo respectant parfaitement l’exercice imposé (notamment l’arrivée et le départ du client, impossibles à filmer en raison de la configuration du cabinet). J’ai préféré, encore une fois, proposer ici un travail spontané et intéressant pour l’amélioration de ma pratique.






Sabine et le Chocolat

La prise de rendez-vous

 

Sabine a choisi de prendre directement rendez-vous en ligne au cabinet, sans me contacter au préalable par téléphone. Je l’ai reçue pour la première fois sans avoir connaissance de la problématique qui l’avait amenée à chercher un hypno-praticien.

 

Cela faisait peu de temps que j’avais mis en place ce mode de prise de rendez-vous sur internet, et j’en experimentais encore le fonctionnement. Je rappelais certaines personnes avant le rendez-vous, d’autres non, plutôt curieuse de la différence que cela pourrait engendrer au premier échange, et de l’incidence que cela pouvait avoir sur l’établissement du rapport. Depuis que j’utilise cet agenda en ligne – qui peut s’apparenter à une réponse-objet à une sorte de pulsion exogène –  je constate que la plupart des personnes qui choisissent ce type de prise de rendez-vous manifestent un engagement plutôt supérieur en séance.

 

J’ai donc accueilli Sabine pour la première fois en semaine. Elle est arrivée vingt minutes en retard, qu’elle a expliquées  par un embouteillage, et que j’ai excusé en précisant que j’attendais un prochain rendez vous qui m’obligerait à condenser la séance.




Première séance – Anamnèse

 

J’installe Sabine dans un premier contexte d’anamnèse, à ma droite, afin qu’elle oriente plutôt son regard vers la gauche (vers son passé) pendant cet entretien et me munis d’une feuille blanche, que, comme toujours, je scinde en deux parties qui distinguent le positif du négatif.

Ses premiers mots m’indiquent qu’elle souhaite mincir. Cela ne représente pas une grande surprise pour moi, non pas au regard de sa corpulence, mais en raison du contenu de mes pages internet, qui traduisent la “spécialisation” dont ma pratique de l’hypnose fait de plus en plus l’objet.

 

Synchronisation

Avant de chercher à préciser l’objectif, je commence à créer le rapport et à me synchroniser. Sabine est visuelle et utilise certains prédicats de kinesthésiques en canal sortant. Le langage paraverbal m’évoque celui d’une personne à l’aise et détendue. Son regard est direct, sans être ni insistant ni défiant. Sa voix, quant à elle, bien qu’elle ne soit ni rapide ni lente à l’excès, laisse entrevoir une ambiance interne teintée d’une certaine émotion, particulièrement lorsqu’elle formule ce qu’elle attend de cette expérience : un déclic, vers “une volonté qu’elle ne trouve plus”.

Sabine a 51 ans, pèse 78 kg pour 1,65 mètre, soit un indice de masse corporelle de 28,6, qui définit une situation de surpoids. Elle me confie que si le poids où elle s’est sentie bien, dans sa vie, était de 65 kg, elle rêverait de peser 60 kg. Elle a suivi différents régimes, et une séance d’hypnose qui “n’a rien donné”. Je lui propose d’y revenir plus tard.

 

Problématique

Mariée et mère d’une fille de 26 ans, elle dirige une entreprise de services à la personne, et est responsable de nombreux employés. Elle décrit une situation professionnelle épanouissante bien que stressante et précise que l’environnement de bureau l’encourage à manger une quantité très excessive de chocolat au lait, entourée d’autres femmes du bureau qui paraissent partager cette pulsion. Elle me décrit cette consommation comme aussi immodérée que plaisante et ne comprend pas pourquoi elle ne trouve, à cet instant-là, aucune volonté pour se limiter à un ou deux carrés. Je lui demande évidemment de préciser davantage en quoi ce surpoids et cette addiction au chocolat/sucre est un problème pour elle… Sabine me répond qu’elle a honte d’elle-même, le matin devant son miroir : dégoût d’elle même teinté d’une tristesse qu’il est aisé de percevoir remonter, dans le moment présent de notre entretien : le visage plutôt joyeux de Sabine change en quelques secondes et me livre des expressions de grand désarroi. Je questionne alors son “ambiance interne”… Dans quel état est-elle, là, dans l’instant présent ? Et sur une échelle de zéro à dix, si zéro était l’absence d’émotion et dix le maximum imaginable d’émotion qu’il était possible de ressentir, à combien cette tristesse se situait-elle ? Sabine me répond huit. Et ce huit, où se logeait-il, ici et maintenant, dans le corps ? Sabine porte une main à la poitrine. Je prends une grande inspiration abdominale, qu’elle imite, plusieurs fois.

Quelles sont les pensées associées à cette tristesse et cette honte, devant la glace, chaque matin ? “C’est immonde”, confie-t-elle. Je lui demande de préciser… Où, comment, depuis quand, et lui demande, “si cela n’était pas immonde, ça serait comment”. Suzanne prend un moment pour réfléchir, puis répond par des qualificatifs comme “léger”, “élégant”… pour préciser alors qu’elle se sentirait mieux dans le regard des autres, dans celui de son mari… mieux aussi dans ses vêtements. Le mari de Sabine semble porter un regard assez critique sur ces “kilos de trop”. Elle me le décrit très sportif et particulièrement attentif à son apparence et avoue qu’elle pleurerait qu’il lui fasse verbalement le moindre reproche sur son poids. 

 

Préciser l’objectif

Je m’appuie sur ce léger et élégant pour suggérer, par les questions suivantes, un changement d’ambiance interne chez Sabine et ainsi l’amener à clarifier son objectif : quelles parties de son corps souhaitait-elle affiner ? De combien de kilos précisément désirait-elle se délester et en combien de temps ? Cet objectif était-il atteignable, réaliste et suffisamment ambitieux pour rester motivant ? Clarifier cet objectif me ramène à la formulation de Sabine : “retrouver la volonté, le déclic”, et j’interroge Sabine quant à l’origine de cette perte de volonté. Comment se manifestait cette volonté ? A quoi ressemblait-elle ? Depuis quand, et en quelles circonstances l’avait-elle égarée ? Sabine me répond qu’elle s’est progressivement étiolée, dissoute… En quoi cette “dissolution de volonté” l’arrangeait-elle ? Sabine revient alors sur ces moments de joie partagés au bureau entre collègues, autour d’orgies de tablettes de chocolat au lait. Si le chocolat avait amené Sabine à prendre du poids et à me consulter, il restait aussi le pivot affirmé de moments agréables de complicité, comme peuvent l’être les sucreries de façon générale. Le sucre, depuis la plus tendre enfance, est souvent dans les familles l’aliment-récompense, l’aliment-fête, et reste ainsi le premier aliment émotionnel. Aujourd’hui, il convenait, à mon idée, de faire prendre conscience à Sabine de ce que le chocolat l’empêchait d’être, de faire, et de devenir, pour amener cette dernière à voir émerger ses propres solutions.

Solutions, qui, jusqu’à présent, se sont concrétisées sous la forme de différents régimes alimentaires, de séances d’acupuncture, et d’une séance d’hypnose. Sabine avait expérimenté l’hypnose pour mincir, et il était important de savoir de quelle façon cela s’était déroulé pour ajuster ma stratégie. 



Expliquer l’hypnose

Sabine me décrit son expérience de l’hypnose comme un “moment agréable”, “relaxant”, mais sans effet sur son comportement. J’en profite pour analyser les croyances de Sabine relatives à l’hypnose et pour dérouler mon pretalk, que Chertok nomme discussion préalable en en rappelant l’importance : “Nous avons essayé, chez une malade, avec laquelle nous n’avons pas parlé de son “savoir préalable” (croyances sur l’hypnose, ndlr), l’induction par la méthode de simples suggestions directes. Elle est restée complètement réfractaire. Elle nous a expliqué qu’elle ne pensait pas qu’il s’agissait d’une hypnotisation, car ce qu’elle avait vu dans un music-hall ou à la télévision était autre chose : l’hypnotiseur fascinait le sujet, celui-ci s’effondrait et était complètement sous la coupe de l’hypnotiseur. Après un entretien explicatif (qui a certainement eu des effets sur le plan rationnel et irrationnel), elle est devenue hypnotisable. Après avoir dissipé les appréhensions et les opinions erronées du sujet, le thérapeute lui fera comprendre en quoi consiste l’hypnose.”.

Pour illustrer mon propos, je reviens sur les attributs de l’esprit conscient et esprit inconscient, pour poursuivre ensuite par la propositions de deux phénomènes hypnotiques, en précisant à Sabine qu’ils sont importants pour savoir à quelle vitesse elle est capable de rentrer en état d’hypnose.

 

Phénomènes hypnotiques

J’utilise les “mains qui s’attirent” (mains comme image de conscient/inconscient qui se rapprochent), que j’enchaîne avec les “doigts croisés / index collés. Les deux tests fonctionnent si bien que je suis tentée de poursuivre directement par une induction et une première séance de travail, mais l’horloge tourne et ne m’autorise pas à prolonger la séance. 

Je suggère donc à Sabine de se remémorer un moment de sa vie où elle pesait son poids de forme et se sentait particulièrement bien, à l’aise dans ses vêtements et avec le regard des autres. Elle ferme les yeux, réfléchit, puis esquisse un sourire de plus en plus détendu. Sa respiration est plus ample, et je me rappelle que la pensée engendre le mouvement,  que chaque partie du corps, chaque cellule, réagissent à aux pensées. Que des pensées telles que « je suis nul », « je suis grosse », « je n’y arriverai jamais », « je n’ai pas la volonté », peuvent être des prophéties réalisatrices, tout autant que les pensée agréables et positives, qui engendrent tout autant de réactions objectivement vérifiables. Je guide Sabine vers ces sensations agréables, que l’on ressent dans un vêtement qui “tombe” parfaitement bien. Ces sensations connues lorsqu’on est à “son poids de forme”… Comment était-ce ? 

Elle me raconte ses vêtements… Cette petite robe… Elle se sentait lègère, jolie… De combien de kilos souhaitait-elle se libérer ? 13 kg.  Et au moins cinq pour… le mois de janvier, où elle était attendue pour un séminaire en Martinique, où sans nul doute elle aurait à enfiler un maillot de bain. Une première limite de temps était fixée et une motivation définie. Cinq kilos en quatre mois paraissaient tout à fait réalistes et mesurables. Je propose à Sabine un programme minceur de trois séances, incluant celle-ci, à l’issue duquel je lui confierai un support audio à écouter pendant 21 jours (temps nécessaire à l’inconscient pour organiser/engrammer un changement de comportement).

 

Premier bilan alimentaire et relevé des ingestats

Avant de faire un premier recueil de tendances et comportements alimentaires, je demande à Sabine de bien vouloir tenir un relevé écrit précis les sept jours qui précéderont notre prochain rendez-vous de tous les ingestats (qualité et quantité), complété de notes relatives à l’ambiance interne à tel ou tel moment de la journée : pulsions, frustrations, sentiments de culpabilité, de dégoût, de tristesse, de fatigue, de stress, sensations de faim, d’envies de sucré, de salé, etc. 

Ce tableau à un double usage, une double-vertu : d’une part il permet une prise de conscience à la personne, tout en la mettant à l’écoute de son moment présent interne. Cette conscientisation du “ici et maintenant” est très importante, car lorsque l’énergie bascule dans le conscient, dans l’observation, dans le neo-cortex, l’état émotionnel s’apaise instantanément. Les comportements alimentaires restant très liés à l’état émotionnel –  comme nous l’avons évoqué de nombreuses fois plus haut – il est intéressant d’intégrer cette notion de prise de distance et d’en fournir les premières clés à Sabine.

 A ce titre, j’explique à Sabine le mécanisme des pulsions : je commence par la rassurer et lui rappeler que nous sommes tous concernés par ce processus. Je détaille ensuite les différentes pulsions que nous pouvons connaître (pulsions de vie, de mort, et pulsions libidinales) et leurs origines (exogènes, que l’on peut canaliser en limitant l’exposition au générateur de pulsion, et endogènes, que l’on peut apprivoiser en visualisant ce qui peut “étouffer dans l’oeuf” cette pulsion). Je lui indique que plus on identifie les situations génératrices de pulsions (exemple : passer devant une boulangerie) plus on désamorce ces dernières. Je la mets en garde contre les conséquences de leur mauvaise gestion qui mène aux addictions. Enfin, je m’autorise à lui recommander, si une pulsion se manifeste d’ici à notre prochaine séance, de : 

  • se détendre et respirer
  • s’autoriser à vivre cette pulsion, mais dans dix minutes seulement
  • boire un grand verre d’eau

 

En effet, il apparaît selon différentes études comportementales et neuroscientifiques que le “système pulsionnel” est étranger à l’idée “report”. Inviter le néo-cortex et sa capacité d’anticipation, de négociation et de prise de recul dans une situation de pulsion, permet en grande partie de la désamorcer, sans sensation de frustration (grâce à la possibilité de “report” de la satisfaction de la pulsion”). 






Faire le tour du pâté de maison et reporter la pulsion

J’illustre mon explication par une petite histoire que mon père me racontait parfois, lorsque j’étais plus jeune lorsque je manifestais une envie pour quelque chose. En résumé, quand je lui demandais de m’offrir tel ou tel objet ou vêtement et qu’il préférait s’éviter une dépense. Il me disait : “ma chérie… tu sais, tu veux obtenir (cette nouvelle chose)… Tu es sûre que tu en as besoin ? Imagine que tu passes devant une boulangerie et qu’un gâteau te fait très envie, dans la vitrine. Passe devant la vitrine, et fais juste le tour du pâté de maison, pour repasser une seconde fois devant la vitrine et voir si tu en as toujours encore envie. Si vraiment tu en as encore un tout petit peu envie… fais un second tour. Tu verras que lorsque tu passeras pour la troisième fois devant la vitrine, tu ne t’arrêteras pas, tu auras peut-être déjà complètement oublié pourquoi tu étais encore dans ce quartier…”. Sans qu’il s’en doute, je circule encore beaucoup autour de différentes boulangeries et il est vrai que je me suis évitée depuis de bien nombreuses dépense inutiles. Tout autant qu’à lui, d’ailleurs. Mon père, sans le savoir, m’avait “prescrit une corvée”, à la manière de Milton Erickson ! William O’Hanlon, l’un des élèves les plus appliqués du célèbre psychiatre, rapporta dans son ouvrage* un cas similaire de prescription de tâche : “Un policier fut obligé de quitter son emploi pour raisons médicales. Il souffrait d’emphysème, d’hypertension et était obèse. Il vint voir Milton Erickson pour réduire sa consommation de nourriture, d’alcool et de tabac. MHE lui dit que lorsqu’il voudrait manger, il devrait marcher jusqu’à une épicerie éloignée de deux kilomètres. Lorsqu’il voudrait boire un verre, il devrait marcher jusqu’à un bar éloigné d’un kilomètre et demi, et s’il voulait encore un  verre, remarcher un kilomètre et demi. Lorsqu’il voudrait un paquet de cigarettes, il devrait aller jusqu’en ville à pied pour se le procurer. Le patient quitta le bureau de MHE furieux et en l’insultant. Un mois plus tard, un nouveau patient entra en disant que le policier lui avait recommandé MHE comme “le seul psychiatre qui sait ce qu’il fait.”

* Thérapies hors du commun, William O’Hanlon, Editions Satas, 2009

 

Revenons à Sabine qui écoute mon histoire de boulangerie avec un sourire entendu. 

La séance avance et avant de fixer les deux prochains rendez-vous, je lui demande de me détailler ses goûts et aversions alimentaires, ainsi que la façon dont elle prend ses repas (à quelle heure, et dans quel contexte).

 

Voici un aperçu global de son alimentation-type :

 

Protéines : boeuf : quatre fois par semaine

viande blanche : deux  fois semaine

oeuf : une fois par semaine

Poisson / Fruits de mer / légumineuses : jamais

 

Lipides Beurre et crème : plusieurs fois par semaine

Huile isio 4

Huile olive en cuisson

Féculents et glucides Riz au beurre salé : quatre fois par semaine

Sucres Pâtes : une fois par semaine

Pain : une demi baguette par jour, et pain de mie industriel le matin

Chocolat au lait  : cinq tablettes par semaine

Bonbons : grandes quantités

 

Fruits 

et

légumes épinards : une ou deux fois par semaine

courgettes : une ou deux fois par semaine

citron pressé le matin

raisin : selon saison, en grande quantité (un kilo par jour)

kiwis

pêches

cerises



Sabine prend son petit déjeuner et son dîner avec son mari et déjeune sur son lieu de travail, devant son ordinateur et avec ses collègues.

Devant la grande quantité de sucre qu’elle absorbe, je lui raconte l’expérience menée avec les rats, confrontés au choix entre cocaïne et eau sucrée, ainsi qu’une brève explication des effets du sucre sur la silhouette et le bien-être mental. Je lui rappelle par ailleurs la nécessité de veiller à un apport suffisant en oméga 3.

 

Le temps commence à manquer et je demande à Sabine si elle a des questions par rapport au chemin sur lequel je vais l’accompagner, puis lui rappelle l’objet et le déroulé des deux prochaines séances : analyse du relevé des ingestats et séances d’hypnose.

 

La première séance s’achève et je quitte Suzanne avec le sentiment que le chemin qui s’offre nous promet d’être particulièrement intéressant. 

 

Prochaines séances

J’articulerai les deux prochaines séances autour de l’analyse du relevé des ingestats, du protocole de libération du surpoids proposé par Dany Dan Debeix (séance 3), après avoir installé une safe place (lieu refuge) et orienté Sabine vers un contexte de libération des angoisses et des charges corps/esprit obsolètes ou inutiles (séance 2). Je m’appuierai sur l’attrait de Sabine pour les chevaux et le littoral maritime pour contextualiser une partie de mon travail.

 

Deuxième séance (support vidéo), une semaine plus tard

 

J’installe directement Sabine en configuration “séance d’hypnose” et me place à sa droite. 

Sabine est radieuse et je vois à son visage qu’elle s’est déjà affinée. Elle me le confirme et me remets le relevé des ingestats que je lui avait commandé. Bien que je relève de nombreuses “erreurs de parcours” à l’analyse de son tableau alimentaire (comme les apports de sucre au petit déjeuner), je constate que la première séance a déjà orienté différemment ses comportements alimentaires et que Sabine a déjà réintégré des sources d’apport en oméga 3 à son menu, sous la forme de poissons gras.

Après avoir provoqué un nouvel échange autour de l’état d’hypnose pour m’assurer que toutes les éventuelles objections et appréhensions de Sabine étaient levées, je lui propose de s’installer confortablement*. Je commence par une détente neuro-musculaire, par attention portée aux sensations de contact avec le sol, le fauteuil, et entre le nombril et le vêtement, à chaque inspiration comme à chaque expiration. 

 

“Quand on demande à quelqu’un de se sentir à l’aise dans le fauteuil, de bien poser ses pieds sur le sol, de considérer sa respiration ou les modulations de son rythme cardiaque, ce ne sont pas là des exercices accomplis en vue d’un projet ou d’une action. cela ressemble plutôt à des bizarreries dont on pourrait aisément se passer. Comme si c’était une chose capitale, mais non point insensée, de faire découvrir à cette personne qu’elle a des pieds et des mains, qu’elle ne doit pas oublier de respirer, qu’il lui faut se préoccuper des battements de son coeur. Le cocasse semble rivaliser avec l’absurde et ne manque pas de conduire ici encore à un état de confusion. Il s’ensuit que porter attention à tout ce qu’un corps doit oublier pour agir a pour conséquence de le rendre incapable d’agir et donc d’opérer une rupture à l’égard de son rapport au monde.”

François Roustang, La Fin de la plainte, Odile Jacob 2005

 

Je poursuis par le phénomène des “mains qui se rapprochent” pour aplatir un ballon rempli de “tout le superflu, l’inutile”… simultanément à une saturation des sens. Puis je m’inspire de l’induction d’Elman pour générer la fermeture des yeux et les “paupières collées”. Sabine ferme les yeux puis essaie de les rouvrir, essaie et essaie encore  mais…plus elle essaie, plus… ses paupières se collent.

 Après la détente du visage, je fractionne pour approfondir l’état (“dans quelques instants, je vais compter jusqu’à trois et à trois les yeux s’ouvriront, et se refermeront et vous rentrerez trois fois plus profondément à l’intérieur de vous-même”).

Je propose ensuite la technique de l’escalator/escalier, pour approfondir davantage encore, accompagner Sabine vers “ce lieu où peut-être déjà elle n’est jamais allée” (confusion, pour dépotentialiser le conscient), et installer la safe place/lieu refuge.

Depuis la safe place, je propose à Sabine de visualiser un passage, une porte, qu’elle me signale en soulevant l’index. Je remarque à ce moment la différence d’état révélé par ce signaling, qui m’indique la nécessité d’approfondir. Je suggère à Sabine de dessiner autour d’elle le paysage d’un petit port de pêche, en insistant sur le VAKOG. Ce petit port présente un quai auquel sont amarrées des petites barques de pêche et j’invite Sabine à ressentir les lanières d’un sac à dos sur ses épaules, sac à dos lourd, rempli à raz-bord d’un contenu plus forcément bon et utile pour elle. Seul son inconscient sait ce qui est bon et utile pour elle. A mesure que Sabine en trie le contenu, les larmes coulent sur son visage. Elle dépose le superflu dans les cales d’une des barques, qu’elle regarde d’éloigner à l’horizon.

Je propose à Sabine de réintégrer sa safe place, afin d’y faire évoluer un “double de Sabine”, délesté des kilos superflus. Un double qui bouge avec légèreté, élégance, à l’aise dans son corps et ses vêtements, et dans lequel ma partenaire/cliente va pouvoir se “fondre” pour en vivre dans son corps, ici et maintenant, les agréables sensations.

Je m’inspire des suggestions post hypnotiques et de retour en état de conscience ordinaire du protocole “mincir facilement” de Dany Dan Debeix.

Sabine s’étire, et revient. Elle pleure, et son visage présente un large sourire. Elle interprète cet état par le besoin qu’elle aurait eu de “chasser quelque chose”… “Il y a quelque chose qui doit partir”, déclare-t-elle, en précisant qu’elle ressent une boule à la gorge dont elle ne connaît pas la signification. Durant la séance, elle rapporte des sensations physiques très particulières, comme un “rétrécissement”. Je l’encourage à interroger l’émotion qui la traverse, à interroger son ambiance interne, et je prends soin de ratifier tout ce qui se passe.

Ce moment que nous passons ensemble est teinté d’une agréable connivence et confiance partagée.

Cette deuxième séance et les larmes de Sabine me laissent un sentiment assez étrange et je mesure l’importance de “créer le rapport”, que j’ai bien retenu durant ma formation. 

Le visionnage de la séance pointe différents oublis et erreurs, et m’indique que mon pretalk n’est pas tout à fait au point, car Sabine a rapporté à la fin de la séance le décalage entre l’état attendu et l’état vécu. 

* début de la vidéo

3ème séance (vidéo), une semaine plus tard

 

J’installe ma partenaire/cliente en configuration “séance d’hypnose”, soit à ma gauche.

Ce début de séance commence bien car Sabine me dit s’être délestée de deux kilos, en limitant un maximum les apports de sucre. Elle m’avoue également que “ce n’est pas tout le temps facile”. Je ratifie en lui racontant de nouveau la métaphore du “tour du pâté de maison” (voir séance 1), et en lui donnant des explications plus avancées sur le “système pulsionnel”, et en lui rappelant l’intérêt de “reporter l’assouvissement de la pulsion”. 

A ce titre, je fais appel à l’expérience célèbre qui a confronté un groupe d’enfants au choix entre “reporter un moment de plaisir et être récompensé” et “assouvir son plaisir dans l’immédiat. Dans mon souvenir, le scénario de l’étude est le suivant : on met en face de chacun des enfants d’un groupe une poignée de bonbons. Les enfants ont le choix entre : 1) Manger les bonbons tout de suite ; 2) Manger les bonbons dans une heure et recevoir des bonbons supplémentaires en récompense de cette attente. 

Cette étude était chargée d’analyser la différence qui résidait entre les individus capables de reporter leurs pulsions et ceux qui n’en étaient pas capables. Des années plus tard, il s’est avéré que le groupe d’enfants qui avaient patienté et reporté le moment de plaisir avait développé une situation socio-professionnelle nettement plus avantageuse que les enfants de l’autre groupe. 

Je laisse à l’inconscient de Sabine le loisir de tirer ses propres conclusions de cette expérience.

Sabine me pose différentes questions relatives à l’alimentation et je lui propose de télécharger une application très utile (et sans lien d’intérêt – avéré – avec l’industrie agro-alimentaire), YUKA. Ce programme permet de scanner les codes-barres des produits dans les rayons et d’en obtenir dans l’instant les informations nutritionnelles, ainsi que d’autres alternatives si le produit est classé “mauvais”.

 

Je commence une détente neuro-musculaire et induction par fixation de point et saturation des sens, sur fond sonothérapeutique et suggère la fermeture des paupières inspirée de l’induction de Dave Elman. J’accompagne Sabine, ensuite, vers la progression dans l’escalier ou l’escalator, pour approfondir l’état, et suggérer la safe place/lieu refuge. De ce lieu refuge, j’invite Sabine à visualiser un passage vers une pièce particulière.

Cette pièce sert de cadre à la présence d’une grande balance à plateaux. Je propose à Sabine de monter sur l’un des plateaux, à son poids idéal, vêtue de sa plus jolie tenue. Dans l’autre plateau sont amoncelés la masse de tous les aliments qu’elle consomme habituellement, masse égale à son poids d’aujourd’hui. Evidemment, ce plateau est plus bas que celui sur lequel elle se tient, à son poids idéal. Je suggère alors à Sabine de laisser son inconscient de jouer avec les aliments, d’en faire le tri, sur le plateau le plus lourd, d’éliminer ce qui n’est pas utile, pour rétablir l’équilibre entre les plateaux. Le bon réglage trouvé sera mémorisé, et chaque fois que le réglage sera dépassé, les aliments consommés prendront un goût infect, amer, etc.

J’enchaîne par le protocole de suggestions, suggestions post hypnotiques et retour en état ordinaire de conscience “mincir sans privation” écrit par Dany Dan Debeix, particulièrement efficace.

 

Sabine, à son retour, confie que si elle n’a pas ressenti la chaleur suggérée autour du nombril, a connu une étrange sensation de contraction.

 

Après avoir ratifié, je rappelle à Sabine l’importance d’écouter, dans le calme, chaque jour, la musique de sonothérapie qui a accompagné la séance.

 

Je raccompagne Sabine, et la salue en lui glissant que “si je n’ai pas de nouvelles de sa part, c’est que tout va bien”.

 

Conclusion de l’étude de cas

 

Le cas de Sabine est assez représentatif de ceux que je reçois en cabinet, depuis deux mois. Il m’a été particulièrement instructif, et m’a permis d’étudier davantage le mécanisme des pulsions. 

Par rapport à mon travail, j’ai relevé différents points importants qui sont selon moi à revoir et à travailler, ou de simples oublis :

  • ajouter davantage de fusibles
  • installer systématiquement le signaling après le yes-set
  • travailler le pretalk

Le point positif qui m’a permis d’accompagner Sabine avec succès est celui de la synchronisation et du rapport créé avec elle.












PROJET PROFESSIONNEL



Depuis la fin de ma formation de base effectuée à l’Ecole centrale d’hypnose et les autres parcours poursuivis en parallèle (nutrition près d’Anthony Berthou, yoga-thérapie chez le Dr Lionel Coudron), je développe ma clientèle en cabinet à Paris et me spécialise de plus en vers les problématiques liées aux comportements alimentaires. 

Enrichie de différentes connaissances que je suis en mesure de mettre au service de personnes souhaitant se libérer d’un surpoids ou d’une addiction au sucre par exemple ou retrouver simplement une “hygiène de vie santé” ou la motivation de “manger sain et se bouger”, j’élabore aujourd’hui le Programme de Rénovation intérieure.

Je consacre la première séance à l’anamnèse, au bilan alimentaire *(nature des aliments préférés/écartés, de la taille du “bol alimentaire”, du rythmes des repas, et du contexte dans lequel ils sont pris, des moments de perception de faim et de satiété, de la répartition des nutriments dans la journée, de la qualité de la digestion), à la définition précise de la problématique, des objectifs, des motivations et des obstacles potentiels. Ce premier tableau éclaire déjà la nature des apports nutritionnels de la personne, ses consommations en excès de tel ou tel type de nutriment ou de produit (comme les glucides, ou les sodas…) ou en manque (comme les oméga 3 ou les huiles de qualité). Il éclaire aussi la recherche d’un possible trouble du comportement alimentaire, comme l’orthorexie*, le grignotage, l’hyperphagie, entre autres.

Par ailleurs, je recueille ses antécédents personnels (familiaux et médicaux), pour estimer la nature du terrain favorisant la prise de poids, évaluer les prédispositions et les facteurs déclenchants multifactoriels : familiaux (poids et hygiène de vie des parents), environnementaux (socio-culturel, professionnel et familial), émotionnels (stress, deuil, dépression…), culturels, relatifs à une réadaptation (divorce, déménagement, changement de profession, arrêt de l’activité sportive…) hormonaux (puberté, ménopause,…), médicamenteux, sevrage tabagique, etc. 

Le recueil du poids actuel et du récit de l’évolution de celui-ci durant l’enfance et l’adolescence offre également des renseignements indispensables relatifs à l’origine de la prise de kilos. 

La connaissance d’une partie de ces facteurs déclenchants, bien qu’ils ne soient pas tous aisés à déterminer par le sujet, permet ensuite d’élaborer de façon stratégique une partie de la séance de travail sous hypnose. Lors de cette partie de l’entretien, je recueille également des éléments important relatifs aux valeurs (culturelles, notamment, du type “il faut finir son assiette pour ne pas gâcher”) ou aux croyances (“le petit déjeuner est le repas incontournable que j’ai toute la journée pour éliminer”), dont je tiens compte pour la préparation de la séance.

Afin de déclencher une prise de conscience progressive pour amorcer le travail et de pouvoir orienter mes conseils de “nutrition positive” lors de la deuxième séance, je demande au sujet de tenir, les sept jours qui précèdent le prochain rendez-vous, un tableau précis de tous les ingestats, complété du détail des sensations rencontrées (perception de faim, d’envie de grignoter, d’envie de se resservir à table, etc).

C’est lors d’une première séance comme celle-ci, où j’ai rencontré Suzanne.

 

Suzanne est une femme adressée par une personne de ma famille qui participe déjà au programme de rénovation intérieure avec de très bons résultats. Toutes deux sont mes élèves, en cours de yoga.

Je l’accueille au cabinet pour un premier rendez-vous informel et informatif et je l’estime, au premier regard,  de corpulence normale. A sa demande, je lui présente le projet et le programme en détails et nous planifions une première séance. Je poursuis ce premier entretien par la réponse aux questions générales de Suzanne, relatives à l’état hypnotique : sa définition d’état naturel élargi de conscience et la différence entre sommeil et état d’hypnose et au yoga qu’elle pratique déjà avec moi. Enfin, je conclus par la présentation de la première séance, consacrée à l’anamnèse et au bilan alimentaire précis.

 

Première séance : anamnèse et bilan alimentaire

Suzanne a 41 ans, mesure 1,68m, et pèse 60 kg, soit un IMC normal de 21,8.

Son poids idéal est selon elle de 53-54 kg.

Mère de trois enfants, il lui est révélé une hypothyroïdie à la naissance de son troisième bébé, à l’âge de 36 ans. Elle m’explique combien il lui est difficile de s’alimenter de la façon qu’elle considère comme “normale”, sans prendre de poids. Pour éviter d’en prendre davantage, mais aussi pour, espère-t-elle, en perdre, elle s’astreint à une certaine forme de restriction alimentaire, frustrante et peu satisfaisante. 

Suzanne a la croyance ferme que son dérèglement de la thyroïde l’expose à prendre du poids, et fait obstacle à toutes ses tentatives d’amaigrissement. Elle me révèle un grand sentiment d’impuissance, de tristesse quant à sa silhouette perdue, de rejet de son corps actuel, mêlé d’une grande volonté de ne pas grossir qu’elle s’acharne à contrôler par des régimes et des restrictions. Elle me dit manger peu gras et peu sucré, en petite quantité et se désole sincèrement de la stagnation de son poids qui aurait même plutôt tendance à augmenter. A l’entendre, la simple vue d’une salade verte lui fait prendre une taille.

L’un des facteurs de risques de l’hypothyroïdie restant en effet la prise de poids, je lui demande de m’exposer de façon précise la façon dont elle se nourrit et aussi la façon dont elle se prive et dont elle digère.

A ce stade, j’ignore encore de quelle façon je vais pouvoir l’accompagner, intimidée par cet obstacle hormonal auquel ma pratique n’avait jamais encore été exposée. Néanmoins, je m’appuie déjà sur l’intérêt de Suzanne pour le yoga que je lui enseigne depuis peu et qui a la  vertu communément admise de stimuler/réguler le système endocrinien. Enfin, je ne m’attache pas à un résultat particulier, je propose simplement à Suzanne l’expérience de mes connaissances au service de sa problématique, dans le cadre d’une recherche de fin d’études.

Intérieurement apaisée par ce premier discours intérieur, j’entreprends d’établir un premier bilan précis de l’alimentation, et des comportements alimentaires de Suzanne :

Une rapide analyse me laisse supposer que Suzanne consomme bien plus de sucre qu’elle ne le croit, et me permet aussi de constater combien son régime est pauvre en nutriments aussi indispensables que les oméga 3. A première vue, et en m’appuyant sur mes connaissance en nutrition positive, j’ai sous les yeux les choix alimentaires d’une personne qui cherche à maigrir, en effet, mais qui ne discerne pas encore correctement les sucres cachés dans l’alimentation industrielle. Après lui avoir décrit les processus physiologiques engendrés par la consommation de glucides en excès, je laisse entendre à Suzanne qu’il sera possible, facile et très agréable pour elle d’optimiser son alimentation et lui commande le relevé quotidien des ingestats, pendant les sept jours qui précéderont notre prochain rendez-vous.

Cette “première séance-type”, dans le programme de Rénovation Intérieure, introduit un coaching sur dix séances, alternance de d’hypnose, de yogathérapie, et de bilans alimentaires. Ce suivi est prolongé sur douze mois, par un coaching hebdomadaire en ligne.




La Yogathérapie, alliée de l’hypnose thérapeutique

 

« Pour bien entrer dans l’esprit du yoga, il ne faut pas vouloir se battre avec son corps. Il faut en faire un allié et non un adversaire. Pour apprivoiser un animal, vous ne devez pas arriver avec la volonté de le mater. »   

                                                                                                                                                                                                     Dr Lionel Coudron, La Yoga Thérapie

 

J’ai été recrutée comme professeur de yoga par Lionel Coudron en 2015. Médecin généraliste et yoga depuis plus de 40 ans, Lionel Coudron est diplômé en nutrition, nutrithérapie, acupuncture, biologie, médecine du sport, psychothérapie EMDR, et également auteur de nombreux ouvrages de référence sur le yoga et la santé. Fondateur de l’Institut de yogathérapie (YDYT),  il forme aujourd’hui les professionnels de santé et les professeurs de yoga à orienter de façon spécifique les techniques du yoga, à la prévention et au soin de personne souffrant de pathologies.

En alliant les outils du yoga aux connaissances médicales actuelles, la yogathérapie soutient l’hypothèse que le corps est capable de générer ses propres processus de régulation et que de nombreux maux restent avant tout les réponses à une dérégulation de l’organisme. Sa pratique et son apprentissage ont pour objectif de développer ses ressources personnelles et de restaurer et maintenir l’équilibre physique et mental. Je suis aujourd’hui élève à l’IDYT et jette déjà avec grand intérêt des passerelles entre les différentes techniques thérapeutiques que je maîtrise aujourd’hui.

Dans le cadre du Programme de rénovation intérieure, la yogathérapie est tout à fait complémentaire à l’hypnose thérapeutique. Elle permet à la personne qui souhaite modifier son hygiène de vie et se libérer de kilos superflus de se reconnecter au corps et aux sensations physiques et de se “remettre en mouvement”.

Sa pratique ne suppose pas de pré-requis ou de capacités physiques particulières et s’adapte à tous sans condition d’âge. Par ailleurs, la connexion aux perceptions sensorielles induites et augmentées par la pratique favorisent l’état d’hypnose qu’il est possible d’exploiter hors du contexte “fauteuil thérapeutique”, abaissant ainsi parfois les résistances de certains partenaires peu enclins au lâcher-prise.

Enfin, la pratique de certaines postures spécifiques, en plus de stimuler le métabolisme, d’apaiser le stress et de favoriser le travail cardio-vasculaire, tonifie les muscles, améliore le maintien et sculpte la silhouette, autant de bénéfices recherchés dans le cadre d’un “objectif minceur et bien-être”.

 

Témoignage de Suzanne

Le programme de rénovation intérieure alliant le yoga, l’hypnose et la nutrition a débuté en mai 2017. 

J’ai débuté le yoga début avril 2017 et très vite je me suis rendu compte que c’était un ‘sport’ qui me convenait tout à fait. Ces deux heures par semaine me permettaient de me recentrer sur moi-même, mon bien être, ma respiration tout en enchaînant des postures qui renforcent la musculature et les assouplissements en douceur mais de façon intensive.

 

Âgée de 41 ans et maman de 3 enfants, une hypothyroïdie a été décelé à la naissance de mon troisième enfant, il y a de cela presque 5 ans.  

Malgré des régimes contraignants je n’ai réussi à perdre les quelques petits kilos en trop pris depuis 5 ans et installés particulièrement au niveau du ventre et des cuisses. 

Pesant entre 53 et 55 kg, avant la naissance de ma fille, j’arrivais à ce jour à presque 60 kg et ce en me frustrant constamment au niveau de l’alimentation. 

J’ai  essayé il y a trois ans le régime Dukan qui m’a fait perdre 5 kilos en très peu de temps mais dès l’arrêt de celui-ci et en m’autorisant quelques petits écarts, je les ai  très vite repris.

Depuis, je me suis concocté un ‘petit régime’ à ma façon pensant manger équilibré mais qui, malheureusement ne me permettait pas  de retrouver mon poids initial. Je mettais cette prise de poids et cette difficulté d’en perdre à  l’hypothyroïdie, mon âge, ma situation familiale et au manque d’une activité physique.

Ayant pris la décision de me remettre à une activité physique (le yoga), ce programme m’intéressait particulièrement. C’était pour moi,  le moment ou jamais de me prendre ou reprendre en main !

 

Mon premier rendez vous avec Caroline Alié a eu lieu le 8 mai 2017. 

Durant cet entretien, j’ai pu évoquer mon histoire, ma situation actuelle et mes attentes concernant ce projet.

 

Au cours du deuxième entretien, nous avons approfondi plus particulièrement mon alimentation en faisant un bilan nutritionnel actuel (ce que j’aimais?, ce que je n’aimais pas? ce que je mangeais tout au long de la journée? combien de fois par semaine? à quel moment j’avais le plus faim?….)  

Je me suis rendu compte que mon soi-disant ‘régime équilibré’ ne l’était pas vraiment. 

En effet, je débutais ma journée avec une faim de loup et m’autorisais à manger une quantité gargantuesque prétextant que j’avais toute la journée pour me dépenser ! Le midi, je mangeais normalement, vers 17h j’avais généralement une énorme envie de sucre (j’essayais cependant de ne pas trop craquer sur les gâteaux mais plus sur les fruits) et le soir je ne mangeais que très peu, (d’où ma faim le matin !)

A la fin de cet entretien, elle m’a proposé de rééquilibrer mon alimentation dans la journée afin de ne pas ressentir des moments de « faiblesses » en limitant le sucre. 

En me proposant de commencer le matin par manger des protéines (œufs, viandes) cela me permettrait d’être rassasiée toute la matinée et de ne pas avoir ce pic d’envie de sucre en fin de journée. Le midi, je pouvais me permettre de manger des protéines (poissons, viandes) avec des légumes à volonté. A 17h, si je ressentais une petite faim : un fruit, une poignée d’amandes ou de noix, un carré de chocolat à 80% me suffirait. Au dîner, privilégier des légumineuses ainsi que des légumes à satiété.

En attendant mon prochain rdv, je devais écrire dans un carnet tout ce que je mangeais tout au long de la journée avec mes différents ressentis qui lui permettraient par la suite d’orienter la séance d’hypnose.

J’ai commencé donc ce rééquilibrage alimentaire le 16 mai 2017. Je pesais 59,8 kg.

J’ai décidé d’arrêter de me peser quotidiennement et de ne le faire que les jours de nos entretiens.

Nous nous sommes revus le 29 mai, soit 2 semaines après le début du programme.

J’ai suivis à la lettre ses différentes recommandations et au matin de ce troisième entretien je pesais 57,5kg. J’avais perdu un peu plus de 2 kg ! J’étais motivée. 

La deuxième semaine a été plus agréable : je commençais à ressentir les effets de cette expérience, je n’avais plus cette faim grandiose le matin (je me suis habituée aux œufs et pour varier je prenais un avocat, des tomates…), je n’avais plus non plus ce manque de glycémie à 17h et commençais à cuisiner les légumes de différentes façons… Je me sentais bien et pas trop en manque de sucre.

Caroline  m’a alors encouragée à manger plus d’oméga 3 et effectivement je me suis très vite sentie de mieux en mieux et surtout contente d’avoir pu en si peu de temps commencer à perdre du poids sans une réelle privation (à part le sucre) puisque je mangeais à satiété !

Nous nous sommes revues le 5 juin pour notre séance d’hypnose. Je pesais 56,4kg.

J’ai pu évoquer les différents complexes qui me suivaient depuis mon enfance et qui à ce jour se sont localisées sur cette histoire de poids. Nous avons décidé de travailler dessus et une fois ces derniers surmontés cela me permettrait de ne plus focaliser sur la nourriture et de ressentir enfin un bien être.

La deuxième séance a lieu le 12 juin. Mon poids a stagné.

Je continuais à être motivée, je me sentais toujours aussi bien. Je n’avais pas atteint mon poids souhaité mais j’étais persuadée que j’y arriverais.

Cette deuxième séance m’a permis de retrouver confiance en moi et de rechercher au plus profond de moi un bien être permanent. 

En parallèle du yoga pris en cours collectif, j’ai pu bénéficier également de cours individuels qui me permettaient de travailler plus précisément sur mes différentes attentes (troubles digestifs, raffermissements ventre/cuisses).

Au 24 juin, je pesais 54,6 kg. J’étais enfin revenue à mon poids initial.

au 14 juillet, je suis à 54,3 kg. 

Je me sens  vraiment bien. Je continue ce programme de rénovation intérieure encore à la lettre car je souhaiterais perdre encore 1 kg, mais je me  permets des petits écarts de temps en temps et ce, sans aucune culpabilité.

Bizarrement, les écarts sucrés ne me font plus autant plaisir qu’avant, je les trouve trop sucrés et donc sans aucune envie de les manger. 

J’ai perdu une taille dans mes pantalons et c’est avec grand plaisir que j’ai refait ma garde robe ! 

Mes complexes se sont envolés ou bien m’oppressent moins qu’avant mais dans tous les cas je n’y fais plus attention.  

Ce programme de rénovation intérieure m’a permis en très peu de temps de me sentir bien dans mon corps, dans ma tête et dans mon assiette ! 
















CONCLUSION 




Le surpoids, l’obésité et le diabète de type 2 sont les grandes épidémies du siècle, aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement.

 

Ce grave problème de santé publique encourage les autorités à multiplier les campagnes de prévention, du Plan National Nutri Santé jusqu’à la taxation des sodas.

 

Les produits gras et sucrés restent des produits bon marché, accessibles à toutes les catégories socio-professionnelles mais sont considérés à juste titre avec méfiance pour leur caractère potentiellement addictif. Des études de plus en plus nombreuses démontrent l’incidence délétère de la consommation excessive du sucre sur la santé. 

 

Malgré les mises en garde contre la malbouffe, il apparaît que la seule volonté de modifier ses comportements alimentaires pour les inscrire dans la durée ne suffit pas .

Car on ne mange pas que par faim et besoin de survivre. La nourriture accompagne les émotions, positives comme négatives.  Adopter de façon durable une nouvelle façon de s’alimenter suppose de considérer l’importance de  l’alimentation émotionnelle, souvent grasse et sucrée, dans notre quotidien.

 

L’hypnose thérapeutique est incontestablement un outil très puissant pour renouer le dialogue entre esprit inconscient et esprit conscient et favoriser ainsi l’émergence de nouveaux comportements alimentaires.





















BIBLIOGRAPHIE ET REFERENCES 

 

Milton H. Erickson Ma voix t’accompagnera Satas 1998

  1. Corydon Hammon, Ph.D Métaphores et suggestions hypnotiques Satas 2004

Veronica Van Der Spek Alimentation et bien-être mental De Boeck 2012

François Roustang Il suffit d’un geste Odile Jacob 2004

Dany Dan Debeix Codes et techniques secrètes de l’hypnose dans la communication Guy Tredaniel 2012

Lionel Coudron La Yogathérapie Odile Jacob 2010

Gerome Etzevogloff De l’induction hypnotiques Satas 2012

Léon Chertok L’Hypnose 1965




















































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